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Par hasard, je regarde le Voyage en Espagne de Gautier sur Wikisource, et comme ça part de Paris, forcément ça passe par le Centre, par Vendôme, Chtrnô et Tours avant de sortir de la région par la porte Chatellerault.
Je glisserai très légèrement sur les premières postes, qui n’offrent rien de curieux. À droite et à gauche s’étendent toutes sortes de cultures tigrées et zébrées qui ressemblent parfaitement à ces cartes de tailleurs où sont collés les échantillons de pantalons et de gilets. Ces perspectives font les délices des agronomes, des propriétaires et autres bourgeois, mais offrent une maigre pâture au voyageur enthousiaste et descriptif qui, la lorgnette en main, s’en va prendre le signalement de l’univers. Étant parti le soir, mes premiers souvenirs, à dater de Versailles, ne sont que de faibles ébauches estompées par la nuit. Je regrette d’avoir passé par Chartres sans avoir pu voir la cathédrale.
Entre Vendôme et Château-Regnault, qui se prononce Chtrnô dans la langue des postillons, si bien imitée par Henri Monnier, quand il fait son admirable charge de la diligence, s’élèvent des collines boisées où les habitants creusent leurs maisons dans le roc vif et demeurent sous terre, à la façon des anciens Troglodytes : ils vendent la pierre qu’ils retirent de leurs excavations, de sorte que chaque maison en creux en produit une en relief comme un plâtre qu’on ôterait d’un moule, ou d’une tour qu’on sortirait d’un puits ; la cheminée, long tuyau pratiqué au marteau dans l’épaisseur de la roche, aboutit à fleur de terre, de façon que la fumée part du sol même en spirales bleuâtres et sans cause visible comme d’une soufrière ou d’un terrain volcanique. Il est très facile au promeneur facétieux de jeter des pierres dans les omelettes de ces populations cryptiques, et les lapins distraits ou myopes doivent fréquemment tomber tout vifs dans la marmite. Ce genre de constructions dispense de descendre à la cave pour chercher du vin.
Château-Regnault est une petite ville à pentes tournantes et rapides, bordées de maisons mal assises et chancelantes, qui ont l’air de s’épauler les unes les autres pour se tenir debout ; une grosse tour ronde, posée sur quelques talus d’anciennes fortifications drapées çà et là de vertes nappes de lierre, relève un peu sa physionomie. De Château-Regnault à Tours il n’y a rien de remarquable : de la terre au milieu, des arbres de chaque côté ; de ces longues bandes jaunes qui s’allongent à perte de vue, et que l’on appelle rubans de queue en style de routier : voilà tout ; puis la route s’enfonce tout à coup entre deux glacis assez escarpés, et, au bout de quelques minutes, on découvre la ville de Tours, que ses pruneaux, Rabelais et M. de Balzac ont rendue célèbre.
Le pont de Tours est très vanté et n’a rien de fort extraordinaire en lui-même ; mais l’aspect de la ville est charmant. Quand j’y arrivai, le ciel, où traînaient nonchalamment quelques flocons de nuages, avait une teinte bleue d’une douceur extrême ; une ligne blanche, pareille à la raie tracée sur un verre par l’angle d’un diamant, coupait la surface limpide de la Loire ; ce feston était formé par une petite cascatelle provenant d’un de ces bancs de sable si fréquents dans le lit de cette rivière. Saint-Gatien profilait dans la limpidité de l’air sa silhouette brune et ses flèches gothiques ornées de boules et de renflements comme les clochers du Kremlin, ce qui donnait à la découpure de la ville une apparence moscovite tout à fait pittoresque ; quelques tours et quelques clochers appartenant à des églises dont je ne sais pas les noms achevaient le tableau ; des bateaux à voiles blanches glissaient avec un mouvement de cygne endormi sur le miroir azuré du fleuve. J’aurais bien voulu visiter la maison de Tristan l’Ermite, le formidable compère de Louis XI, qui est restée dans un état de conservation merveilleuse avec ses ornements terriblement significatifs, composés de lacs, de cordes et autres instruments de tortures entremêlés, mais je n’en ai point eu le temps ; il m’a fallu me contenter de suivre la Grande Rue, qui doit faire l’orgueil des Tourangeaux, et qui a des prétentions à la rue de Rivoli.
Théophile Gautier, Voyage en Espagne
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ou l’inverse, puisque commencé par lire
le livre avant d’aller voir les lieux.
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Pour arriver Nord-Sud à Epineuil-le-Fleuriel, tu passes par Noirlac, alors forcément tu visites l’abbaye.
30 juin, ce jour là à la une du Berry républicain récupéré dans une des pièce de la sus-dite abbaye Parés à répondre à l’appel du soleil (page 3) & L’univers de Pink Floyd revisité aujourd’hui à l’abbaye de Noirlac (page 9) …
Pour arriver Nord-Sud à Epineuil-le-Fleuriel tu passes par-dessus le rectiligne canal du Berry.
Pour arriver Nord-Sud à Epineuil-le-Fleuriel, tu passes par Meaulne, sans s ; ce n’est pas grand, Meaulne. Après quelques courbes
tu arrives par une route somme toute relativement droite avec annonce des possibilités culturelles
Tu cherches & trouves facilement la maison-école.
Nous habitons les bâtiments du Cours supérieur de Sainte-Agathe. Mon père, que j’appelais M. Seurel, comme les autres élèves, y dirigeait à la fois le Cours supérieur, où l’on préparait le brevet d’instituteur, et le Cours moyen. Ma mère faisait la petite classe.
Une longue maison rouge, avec cinq portes vitrées, sous des vignes vierges, à l’extrémité du bourg; une cour immense avec préaux et buanderie, qui ouvrait en avant sur le village par un grand portail ; sur le côté nord, la route où donnait une petite grille et qui menait vers La Gare, à trois kilomètres ; au sud et par derrière, des champs, des jardins et des prés qui rejoignaient les faubourgs… tel est le plan sommaire de cette demeure où s’écoulèrent les jours les plus tourmentés et les plus chers de ma vie – demeure d’où partirent et où revinrent se briser, comme des vagues sur un rocher désert, nos aventures.
Sauf qu’il n’y a pas grand chose de rouge, sur la maison-école. Peut-être la vigne-vierge en automne, mais là c’est pas l’automne.
Tu cherches & trouves l’accueil de la maison qui a la particularité d’être à 50m de ladite maison-école & en bout de village, sur la grande route qui traverse le village. En regardant la vue aérienne, petite habitude merci la technologie et en étudiant l’odonymie, tu t’aperçois qu’il n’y en a pas vraiment, visiblement, des noms de rues : le village est découpé en quartier, plutôt : Le Bourg / Le Champs de la Motte (parce qu’il y a une motte, cf photo-panneau ci-dessus) / La Surprise / La Rue / et quelques voies aux noms poétiques : Chemin de la Belle étoile / rue des petits coins.
On te file un Nipode avec dedans
ça & ça & ça & ça & ça & ça & ça
Sauf qu’il n’est pas grand le portail, mais comme dit le monsieur dans le Nipode La maison, la cour et le préau ne sont grands qu’à la mesure du regard d’un enfant.
alors tu écoutes ça & ça & ça & ça & ça & ça & ça sagement, en t’emmêlant parfois les crayons dans les pistes ; en commençant par la cour
& le chiotte du Grand Meaulnes.
De temps à autre tu pauses pour prendre quelques notes, faire une photo ou un dessin. Tu te pauses sur un banc du dernier rang de la classe des grands ou devant la fameuse vue sur le village depuis l’étage.
Alors donc tu te lances dans la maison
Le parcours :
Enfilade de pièces en rez-de-chaussée
mairie – classe des petits – classe des grands – cuisine/escalier – salle à manger (petite, toute petite)
virage à droite
salon/piano – chambre des parents
puis re-cuisine/escalier, virage vertical
en étoile, les chambres
puis enfilade de greniers (il fait chaud direct sous les tuiles)
redescente par un second escalier passage étroit par l’extérieur pour se retrouver dans la cours, le puits, le préau.
Tout un circuit.
Dans les greniers, des oiseaux sur le capot de la maison.
Et d’un coup, dans un des greniers :
Tu es seul dans la maison, presque. Toi & le Grand Meaulnes, toi & ta lecture de la toute fin de l’automne dernier, celle des nuits sans sommeil.
Tu es seul, presque, pas ennuyé par les touristes, 2 personnes sortent quand tu arrives, 2 autres arrivent quand tu sors, 2h plus tard.
Tu es seul à étudier les documents collés sur les pupitres, à regarder un peu par les fenêtres
Mais contrairement aux autres maisons d’écrivains
où le regard est amené à embrasser de larges paysages,
ici, à part la perspective sur la rue principale
/ sorte de décumanus mal orienté et courbe /
et la lointaine église Sainte-Agathe
le regard n’est pas porté vers l’espace car
bloqué ici par le portail, là par quelques arbres
ici par la grille et les maisons vis-à-vis, là par le préau.
Seule une perspective, s’offre à moi, la fameuse perspective
Tu notes, ravi, de la géographie dans les différentes pièces
Cadastre
Gulf stream
L’Europe & la mappemonde
Le centre de la France
La carte rurale de la France
Une autre Europe au rebut
Une autre mappemonde pétée
Pas mal de géographie encore, c’était l’époque des guerre, l’époque La Géographie ça sert à faire la guerre, l’époque « Souvent, me dit-il, en parlant de ses lectures, j’ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot dans les abîmes du passé, comme l’insecte qui flotte au gré d’un fleuve sur quelque brin d’herbe. Parti de la Grèce, j’arrivais à Rome et traversais l’étendue des âges modernes. Quel beau livre ne composerait-on pas en racontant la vie et les aventures d’un mot ? » (Balzac, Louis Lambert) du rêve sur la carte.
La maison est bipolaire : l’avant connu, beau de vigne-vierge et de son puits
&
l’arrière, bof de son crépis gris, bof de ce que serait l’avant sans ses apparats qui habillent et rythment la façade et en font sa célébrité.
Retour à l’accueil qui devient boutique, achat de la BD. Quelques jours plus tard, lecture : le livre le film la BD à chaque fois tu pleures à la fin. La visite, là, en plein été, sous le soleil de plomb de 14h, elle est plus joyeuse, la visite, là. Tu ne pleures pas à la fin, tu es bien, même, tu resterais bien encore un peu à dessiner, à l’ombre du préau,
Puis petit tour du village au soleil descendant et où la Mairie est encore partagée : à l’époque avec l’école (des garçons), aujourd’hui avec l’agence postale où la petite église est entouré de quelques roulottes de forains.
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Des fois, y’a des familles, elles viennent de loin.
Or, quant à mon ancêtre, il a tiré sa race D'où le glacé Danube est voisin de la Thrace : Plus bas que la Hongrie, en une froide part. Est un seigneur nommé le marquis de Ronsart, Riche d'or et de gens, de villes et de terre. Un de ses fils puînés, ardent de voir la guerre, Un camp d'autres puînés assembla hasardeux, Et quittant son pays, fait capitaine d'eux, Traversa la Hongrie et la basse Allemagne, Traversa la Bourgogne et la grasse Champagne, Et hardi vint servir Philippe de Valois, Qui pour lors avait guerre encontre les Anglois. (ÉLÉGIE A RÉMY BELLEAU)
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Ingrandes parte ouane : Ingrandes-le-mauvais, celui de l’autre côté de la lisière & frontière, celui-sur-Vienne
Ingrandes parte tou (15 jours plus tard) : Ingrandes-le-bon, celui-tout-court.
Nous nous garons derrière une 4L beige, celle de l’employé du petit musée ;
seule personne que nous avons croisé dans le bourg durant l’après-midi.
Le temps jusque là incertain se découvre.
je teste le réseau 3G
Avant de nous lancer dans la visite,nous testons les WC spartiates
La baie de Beïloul est profonde de plusieurs milles; j’espère qu’en y pénétrant la mer sera plus calme. Je me rapproche le plus possible de cette langue de terre placée en travers du vent pour avoir des eaux plus calmes; mais la violence du vent est telle qu’à une encablure de la côte les vagues sont déjà agressives et redoutables pour notre petite barque. Tout à coup, après un calme brusque de quelques secondes, une rafale passe en sifflant et déchire la voile. C’est un cône volcanique qui nous a envoyé ce dangereux remous.
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Une fois, en vadrouille à La Devinière, j’ai humé l’air, j’ai ouï l’air et tout ce qu’il a pu m’apporter. J’en ai tiré un texte. Cela devait être à la fin de l’hiver (mais il faisait soleil & douceur), il y 2 ou 3 ans. Le texte a été publié par ici.
Cette fois-ci, fin de printemps, l’ambiance est très différente. Je passe l’après midi dans l’enclos natal de Rabelais. Il fait plutôt gris et ventu, mais pas froid. Je prends le
walkman
avec François (Bon) qui lit François (Rabelais) dedans.
J’écoute
la bataille en en regardant le paysage de la bataille, gris, et avec, je l’avais évoqué à l’époque ‘Les lieux sont faits de ce qui les entoure. Regarder donc vers l’horizon ce château-pièce montée qui m’attire (peut-être devrais-je aller le voir de plus près pour m’en défaire).‘ – le truc du site et de la situation, si tu te souviens de mes articles du début- le château du Coudray-Montpensier (l’écrivain regarde l’écrivain à travers la plaine : Maeterlinck versus Rabeloche) qui se détache d’un amas forestier sur l’horizon.
J’écoute
la bataille, chapitre 48 de
(Gargantua)
CHAPITRE XLVIII
Comment Gargantua assaillit Picrochole dedans La Roche Clermaud,
et defist l’armée dudict Picrochole.
Gargantua eut la charge totale de l’armée. Son pere demoura en son fort, et, leur donnant couraige par bonnes parolles, promist grandz dons à ceulx qui feroient quelques prouesses. Puis gaignerent le gué de Vede et, par basteaulx et pons legierement faictz, passerent oultre d’une traicte. Puis, considerant l’assieste de la ville, que estoit en lieu hault et adventageux, delibera celle nuyct sus ce qu’estoit de faire. Mais Gymnaste luy dist :
« Seigneur, telle est la nature et complexion des Françoys que ilz ne valent que à la premiere poincte. Lors ils sont pires que diables, mais, s’ilz sejournent, ilz sont moins que femme. Je suis d’advis que à l’heure presente, après que voz gens auront quelque peu respiré et repeu, faciez donner l’assault. »
L’advis feut trouvé bon. Adoncques produict toute son armées en plain camp, mettant les subsides du cousté de la montée. Le moyne print avecques luy six enseignes de gens de pied et deux cens hommes d’armes, et en grandes diligence traversa les marays, et gaingna au dessus le Puy jusques au grand chemin de Loudun.
Ce pendent l’assault continuoit. Les gens de Picrochole ne sçavoient si le meilleur estoit sortir hors et les recepvoir, ou bien guarder la ville sans bouger. Mais furieusement sortit avecques quelque bande d’hommes d’armes de sa maison, et là feut receu et festoyé à grandz coups de canon qui gresloient devers les coustaux, dont les Gargantuistes se retirent au val pour mieulx donner lieu à l’artillerye. Ceulx de la villes defendoient le mieulx que povoient, mais les traictz passoient oultre par dessus sans nul ferir. Aulcuns de la bande, saulvez de l’artillerie, donnerent fierement sus noz gens, mais peu profiterent, car tous feurent respceuz entre les ordres, et là ruez par terre. Ce que voyans, se vouloient retirer; mais ce pendent le moyne avoit occupé le passaige, par quoy se mirent en fuyte sans ordres ny maintien. Aulcuns vouloient leur donner la chasse, mais le moyne les retint, craignant que, suyvant les fuyans, perdissent leurs rancz et que sus ce poinct ceulx de la ville chargeassent sus eulx. Puis, attendant quelque espace et nul ne comparant. à l’encontre, envoya les duc Phrontiste pour admonnester Gargantua à ce qu’il avanceast pour gaigner le cousteau à la gauche, pour empescher la retraicte de Picrochole par celle porte. Ce que feist Gargantua en toute diligence, et y envoya quatre legions de la compaignie de Sebaste; mais si tost ne peurent gaigner le hault qu’ilz ne rencontrassent en barbe Picrochole et ceulx qui avecques luy s’esstoient espars. Lors chargerent sus roiddement, toutesfoys grandement feurent endommaigez par ceulx qui estoient sus les murs, en coupz de traict et artillerie. Quoy voyant, Gargantua en grande puissances alla les secourir et commença son artillerie à hurter sus ce quartier de murailles, tant que toute la force de la villes y feut revocquée.
Le moyne, voyant celluy cousté, lequel il tenoit assiegé, denué de gens et guardes, magnanimement tyra vers le fort et tant feist qu’il monta sus luy, et aulcuns de ses gens, pensant que plus de crainte et de frayeur donnent ceulx qui surviennent à un conflict que ceulx qui lors à leur force combattent. Toutesfoys ne feist oncques effroy jusques à ce que tous les siens eussent guaigné la muraille, excepté les deux cens hommes d’armes qu’il laissa hors pour les hazars. Puis s’escria horriblement, et les siens ensemble, et sans resistence tuerent les guardes d’icelle porte et la ouvrirent es hommes d’armes, et en toute fiereté coururent ensemble vers la porte de l’Orient, ou estoit le desarroy, et par derriere renverserent toute leur force. Voyans les assiegez de tous coustez et les Garguantuistes avoir gaigné la villes, se rendirent au moyne à mercy. Le moyne leurs feist rendre les bastons et armes, et tous retirer et resserrer par les eglises, saisissant tous les bastons des croix et commettant gens es portes pour les garder de yssir; puis, ouvrant celle porte orientale, sortit au secours de Gargantua.
Mais Picrochole pensoit que le secours luy venoit de la ville, et par oultrecuidance se hazarda plus que devant, jusques à ce que Gargantua s’escrya :
« Frere Jean, mon amy, Frere Jean, en bon heure, soyez venu. »
Adoncques, congnoissant Picrocholes et ses gens que tout estoit desesperé, prindrent la fuyte en tous endroictz. Gargantua les poursuyvit jusques près Vaugaudry, tuant et massacrant, puis sonna la retraicte .
J’écoute
les énumérations de Rabeloche. Ca parsème son œuvre, les énumérations, et certaines plus géographiques égrènent les lieux
Comment Grandgousier manda querir ses legions, [...]
En ces mesmes jours, ceulx de Bessé, du Marché Vieux, du bourg Sainct Jacques, du Trainneau, de Parillé, de Riviere, des Roches Sainct Paoul, du Vaubreton, de Pautille, du Brehemont, du Pont de Clam, de Cravant, de Grandmont, des Bourdes, de La Ville au Mère, de Huymes, de Sergé, de Hussé, de Sainct Louant, de Panzoust, des Coldreaux, de Verron, de Coulaines, de Chosé, de Varenes, de Bourgueil, de l’Isle Boucard, du Croulay, de Narsy, de Cande, de Montsoreau et aultres lieux confins, envoierent devers Grandgousier ambassades pour luy dire qu’ilz estoient advertis des tordz que luy faisoit Picrochole, et, pour leur ancienne confederation, ilz luy offroient tout leur povoir, tant de gens que d’argent et aultres munitions de guerre.
L’argent de tous montoit, par les pactes qu’ilz luy avoient, six vingt quatorze millions deux escuz et demy d’or . Les gens estoient quinze mille hommes d’armes, trente et deux mille chevaux legiers, quatre vingtz neuf mille harquebousiers, cent quarante milles adventuriers , unze mille deux cens canons, doubles canons, basilicz et spiroles , pionniers quarante sept mille; le tout souldoyé et avitaillé pour six moys et quatre jours. Lequel offre Gargantua ne refusa ny accepta du tout; mais grandement les remerciant, dist qu’il composeroit ceste guerre par tel engin que besoing ne seroit tant empescher de gens de bien. Seulement envoya qui ameneroit en ordre les legions, lesquelles entretenoit ordinairement en ses places de La Deviniere, de Chaviny, de Gravot et Quinquenays, montant en nombre deux mille cinq cens hommes d’armes, soixante et six mille hommes de pied, vingt et six mille arquebuziers, deux cens grosses pieces d’artillerye, vingt et deux mille pionniers et six mille chevaulx legiers, tous par bandes, tant bien assorties de leurs thesauriers, de vivandiers, de mareschaulx, de armuriers et aultres gens necessaires au trac de batailles, tant bien instruictz en art militaire, tant bien armez, tant bien recongnoissans et suivans leurs enseignes, tant soubdains à entendre et obeir à leurs capitaines, tant expediez à courir, tant fors à chocquer, tant prudens à l’adventure, que mieulx ressembloient une harmonie d’orgues et concordance d’horologe q’une armée ou gensdarmerie.
Quand tu entres dans l’enclos de La Devinière, tu te retrouves face à 3 bâtiments :
• pile en face le pigeonnier (on le reconnaît par le petit quadrillage de trous à volatiles) avec sa Grand’salle et derrière par un autre escalier – ce n’est pas une circulation commode entre les pièces, ici on entre et on sort sans arrêt pour passer d’un bâtiment à l’autre et même, comme chaque partie autonome de bâtiment ne comprend qu’1 ou 2 pièce/s, pour passer d’une pièce à l’autre.
• sur la gauche, les “communs” avec les WC et une petite salle d’exposition temporaire où en ce moment Robida.
• sur la droite, cachant en partie les fameuses caves le 3è bâtiment, plus utilitaire encore que le premier.
Grosso modo, au final, La Devinière n’est qu’un T3, du moins pour la partie principale (celle d’en face). Ce que confirme la brochure d’explication où ne sont présentées que ces 3 pièces :
Grand’salle : vous voici dans la salle autrefois réservée aux domestiques ; c’est là que Rabelais met en scène les banquets contés dans Gargatua.
La chambre : En raison de l’usure des marches, empruntez avec précaution l’escalier extérieur surmonté d’un auvent qui prolonge le toit dit à goutterot. Caractéristique de l’architecture rurale de l’époque, il donne accès à la chambre de Rabelais.
La petite chambre : Porte plus basse et dimension réduite font supposer qu’il pouvait s’agir de la chambre d’enfant.
J’hume La Devinière cette fois encore, mais contrairement à mon &Rabelais pour lequel j’avais pris pas mal de notes, cette fois-ci j’hume en dessin et non en texte. J’en fais 3 dont celui-ci où je note en direct quelques éléments portés par le vent : météorologies, faune et paroles de visiteurs.
Les chambres d’écrivains, on aime ça, le plus souvent. On ne se souvient que de ça, le plus souvent. Sauf que Rabelais, comme Descartes, serait plutôt né en route, dans la carriole à maman. Bref il y a la chambre qui a ému l’une des 2 mamies croisées tout à l’heure.
Tu montes l’escalier (en faisant gaffe aux marche, on t’as prévenu tout à l’heure) et tu découvres :
Le Centre du monde … rabelaisien du moins …
(pour ma part je me suis amusé comme un petit flou,
n’ayant ni pied d’appareil photo ni zenitude appropriée à la faible luminosité)
Le Centre du monde qui ouvre sur le monde -car ça voyage, chez Rabelais-.
CHAPITRE XXXIII
Comment certains gouverneurs de Picrochole,
par conseil precipité, le mirent au dernier peril.
Les fouaces destroussées, comparurent davant Picrochole les duc de Menuail, comte Spadassin et capitaine Merdaille , et luy dirent :
« Cyre, aujourd’huy nous vous rendons le plus heureux, le plus chevaleureux prince qui oncques feust depuis la mort de Alexandre Macedo.
- Couvrez, couvrez vous, dist Picrochole.
- Grand mercy (dirent ilz), Cyre, nous sommes à nostre debvoir. Le moyen est tel :
« Vous laisserez icy quelque capitaine en garnison avec petite bande de gens pour garder la place, laquelle nous semble assez forte, tant par nature que par les rampars faictz à vostre invention. Vostre armée partirez en deux, comme trop mieulx l’entendez. L’une partie ira ruer sur ce Grandgousier et ses gens. Par icelle sera de prime abordée facilement desconfit. Là recouvrerez argent à tas, car le vilain en a du content; vilain, disons nous, parce que un noble prince n’a jamais un sou. Thesaurizer est faict de vilain. -L’aultre partie, cependent, tirera vers Onys, Sanctonge, Angomoys et Gascoigne, ensemble Perigot, Medoc et Elanes. Sans resistence prendront villes, chasteaux et forteresses. A Bayonne, à Sainct Jean de Luc et Fontarabie sayzirez toutes les naufz, et, coustoyant vers Galice et Portugal, pillerez tous les lieux maritimes jusques à Ulisbonne , où aurez renfort de tout equipage requis à un conquerent. Par le corbieu, Hespaigne se rendra, car ce ne sont que madourrez ! Vous passerez par l’estroict de Sibyle , et là erigerez deux colonnes, plus magnificques que celles de Hercules, à perpetuelle memoire de vostre nom, et sera nommé cestuy destroict la mer Picrocholine. Passée la mer Picrocholine, voicy Barberousse, qui se rend vostre esclave…
- Je (dist Picrochole) le prendray à mercy.
- Voyre (dirent ilz), pourveu qu’il se face baptiser. Et oppugnerez les royaulmes de Tunic, de Hippes, Argiere, Bone, Corone, hardiment toute Barbarie. Passant oultre, retiendrez en vostre main Majorque, Minorque, Sardaine, Corsicque et aultres isles de la mer Ligusticque et Baleare. Coustoyant à gausche, dominerez toute la Gaule Narbonicque, Provence et Allobroges, Genes, Florence, Lucques, et à Dieu seas Rome ! Le pauvre Monsieur du Pape meurt desjà de peur.
- Par ma foy (dist Picrochole), je ne lui baiseray jà sa pantofle.
- Prinze Italie, voylà Naples, Calabre, Appoulle et Sicile toutes à sac, et Malthe avec. Je vouldrois bien que les plaisans chevaliers, jadis Rhodiens , vous resistassent, pour veoir de leur urine !
- Je iroys (dict Picrochole) voluntiers à Laurette.
- Rien, rien (dirent ilz); ce sera au retour. De là prendrons Candie, Cypre, Rhodes et les isles Cyclades, et donnerons sus la Morée. Nons la tenons. Sainct Treignan, Dieu gard Hierusalem ! car le soubdan n’est pas comparable à vostre puissance !
- Je (dist il) feray doncques bastir le Temple de Salomon.
- Non (dirent ilz) encores, attendez un peu. Ne soyez jamais tant soubdain à voz entreprinses. Sçavez vous que disoit Octavian Auguste? Festina lente . Il vous convient premièrement avoir l’Asie Minor, Carie, Lycie, Pamphile, Celicie, Lydie, Phrygie, Mysie, Betune, Charazie, Satalie, Samagarie, Castamena, Luga, Savasta, jusques à Euphrates.
- Voirons nous (dist Picrochole) Babylone et le Mont Sinay?
- Il n’est (dirent ilz) jà besoing pour ceste heure. N’est ce pas assez tracassé dea avoir transfreté la mer Hircane, chevauché les deux Armenies et les troys Arabies?
- Par ma foy (dist il) nous sommes affolez. Ha, pauvres gens!
- Quoy? dirent ilz.
- Que boyrons nous par ces desers? Car Julian Auguste et tout son oust y moururent de soif, comme l’on dict.
- Nous (dirent ilz) avons jà donné ordre à tout. Par la mer Siriace vous avez neuf mille quatorze grands naufz, chargées des meilleurs vins du monde; elles arriverent à Japhes. Là se sont trouvez vingt et deux cens mille chameaulx et seize cens elephans, lesquelz aurez prins à une chasse environ Sigeilmes, lorsque entrastes en Lybie, et d’abondant eustes toute la garavane de la Mecha. Ne vous fournirent ilz de vin à suffisance?
- Voyre! Mais (dist il) nous ne beumes poinct frais.
- Par la vertus (dirent ilz) non pas d’un petit poisson, un preux, un conquerent, un pretendent et aspirant à l’empire univers ne peut tousjours avoir ses aizes. Dieu soit loué que estes venu, vous et voz gens, saufz et entiers jusques au fleuve du Tigre !
- Mais (dist il) que faict ce pendent la part de nostre armée qui desconfit ce villain humeux Grandgousier?
- Ilz ne chomment pas (dirent ilz); nous les rencontrerons tantost. Ilz vous ont pris Bretaigne, Normandie, Flandres, Haynault, Brabant, Artoys, Hollande, Selande. Ilz ont passé le Rhein par sus le ventre des Suices et Lansquenetz, et part d’entre eulx ont dompté Luxembourg, Lorraine, la Champaigne, Savoye jusques à Lyon, auquel lieu ont trouvé voz garnisons retournans des conquestes navales de la mer Mediterranée, et se sont reassemblez en Boheme, après avoir mis à sac Soueve, Vuitemberg, Bavieres, Austriche, Moravie et Stirie; puis ont donné fierement ensemble sus Lubek, Norwerge, Swedenrich, Dace, Gotthie , Engroneland, les Estrelins , jusques à la mer Glaciale. Ce faict, conquesterent les isles Orchades et subjuguerent Escosse, Angleterre et Irlande. De là, navigans par la mer Sabuleuse , et par les Sarmates, ont vaincu et dominé Prussie, Polonie, Litwanie, Russie, Valache, la Transsilvane et Hongrie, Bulgarie, Turquie, et sont à Constantinoble.
- Allons nous (dist Picrochole) rendre à eulx le plus toust, car je veulx estre aussi empereur de Thebizonde. Ne tuerons nous pas tous ces chiens turcs et Mahumetistes?
- Que diable (dirent ilz) ferons nous doncques? Et donnerez leurs biens et terres à ceulx qui vous auront servy honnestement.
- La raison (dist il) le veult; c’est equité. Je vous donne la Carmaigne , Surie et toute Palestine.
- Ha! (dirent ilz) Cyre, c’est du bien de vous. Grand mercy! Dieu vous face bien tousjours prosperer! » Là present estoit un vieux gentilhomme, esprouvé en divers hazars et vray routier de guerre, nommé Echephron, lequel, ouyant ces propous, dist : « J’ay grand peur que toute ceste entreprinse sera semblable à la farce du pot au laict, duquel un cordouannier se faisoit riche par resverie; puis, le pot cassé, n’eut de quoy disner. Que pretendez vous par ces belles conquestes ? Quelle sera la fin de tant de travaulx et traverses ?
- Ce sera (dist Picrochole) que, nous retournez, repouserons à noz aises. » Dont dist Echephron : « Et, si par cas jamais n’en retournez, car le voyage est long et pereilleux, n’est ce mieulx que dès maintenant nous repousons, sans nous mettre en ces hazars?
- O (dist Spadassin) par Dieu, voicy un bon resveux ! Mais allons nous cacher au coing de la cheminée, et là passons avec les dames nostre vie et nostre temps à enfiller des perles, ou à filler comme Sardanapalus. Qui ne se adventure, n’a cheval ny mule, ce dist Salomon.
- Qui trop (dist Echephron) se adventure, perd cheval et mulle, respondit Malcon.
- Baste ! (dist Picrochole) passons oultre. Je ne crains que ces diables de legions de Grandgousier. Ce pendent que nous sommes en Mesopotamie, s’ilz nous donnoient sus la queue, quel remede?
- Très bon (dist Merdaille). Une belle petite commission, laquelle vous envoirez es Moscovites, vous mettra en camp pour un moment quatre cens cinquante mille combatans d’eslite. O, si vous me y faictes vostre lieutenant, je tueroys un pigne pour un mercier! Je mors, je rue, je frappe, je attrape, je tue, je renye !
- Sus, sus (dict Picrochole), qu’on despesche tout, et qui me ayme, si me suyve. »
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La vie de médiateur, le musée de l’intérieur en historiettes & en dessins. Tentative d’épuisement du musée Balzac de Saché.
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…Bonjour à tous et bienvenue au musée Balzac…
Loran Bart a eu un blanc devant Mme de Berny. Il ne se rappelait plus ce qu’il disait et donc un peu glorieux “heu…” est sorti de sa bouche. Habituellement Loran dit, dans ce cas, un truc du genre “donc, je vous disais quoi, déjà ?” mais là rien qu’un “heu…” peu glorieux.
…Balzac est venu ici une dizaine de fois, chez ses amis les Margonne…
Loran Bart a tâté les meubles du salon avec un antiquaire allongé sous les filins de protection : – ça c’est empire, ça ça ça c’est Louis Philippe et ça hum… c’est gras, c’est Louis XV. – Ahhh … bon !
…dans ce grand salon, ce qui est particulièrement remarquable, c’est le papier peint qui date des années 1810… (Continued)
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•••••••••••••••••••• Géographie rurale ••••••••••••••••••••
Le pays devient plus fertile à mesure que l’on s’avance vers Loches ; les bords de l’Indre se couvrent de petits noyers mesquins de quinze pieds de haut. La grande route ne s’éloigne jamais beaucoup de ce ruisseau, dont les eaux font croître dans les prairies voisines des saules et quelques peupliers. (Stendhal, Mémoires d’un touriste)
•••••••••••••••••••• Haut-lieu ••••••••••••••••••••
J’aperçois tout à coup, au delà d’un coteau à gauche, deux tours élevées réunies par un mur, et le tout est coupé net horizontalement, comme par un coup de sabre ; c’est la tour de Loches. Là, périt, après douze ans de captivité infligée par Louis XII, cet homme si distingué, Louis le Maure, duc de Milan, l’ami et le prolecteur de Léonard de Vinci. (Stendhal, Mémoires d’un touriste)
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: Avant toute chose :
: la carte :
: regarder la carte :
: étudier la carte :
Dans les derniers jours de juin 1857, je me mis en route avec deux compagnons qui ne demandaient qu’à courir: un naturaliste et un artiste, qui est, en même temps, naturaliste amateur. (Promenades autour d’un village)
Avant toute réalité, divaguer sur la carte : imaginer le territoire, décrypter les symboles pourtant familiers, les élever, les déplier : avant toute chose se faire une image mentale de ce territoire à aborder. Tirer les fils des lectures antérieures au voyage. (Continued)
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Comme je prépare & lis les articles de Muriel Rosemberg dans l’Ipad, je prends des notes, surligne en jaune ce qui est intéressant et en vert ce qui l’est plus encore. Voilà ce que j’y relève (je ne mets que les surlignées vertes, faut sélectionner un peu, quand même).
Pour Pamuk, par exemple, j’ai lu Istanbul il y a quelques semaines, ça faisait un moment que je le visais, que je l’empruntais à la bibliothèque du bourg aux 2 châteaux en n’en lisant que des brefs extraits. L’occasion donc de me plonger sérieusement dedans. Je note notamment un chapitre sur Gautier (Théophile) en vadrouille dans cette ville où Pamuk note que le regard des critiques d’art (comme le fut un temps Gautier) peut être plus affuté, avec un vocabulaire spécifique. (Continued)