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1 – Invitation à l’écriture autour du Combray de Marcel Proust

Proposition : A partir de street view, faire un tour dans Illiers-Combray et décrire le bourg.

La Recherche du temps perdu s’ouvre à Combray, bourg largement inspiré de celui d’Illiers, en Eure-et-Loir. Ce bourg Illiers s’est d’ailleurs fait rattrapé par la littérature puisque depuis les années 1970 il est renommé Illiers-Combray, en hommage à M. Proust.

« A l’habiter, Combray était un peu triste, comme ses rues dont les maisons construites en pierres noirâtres du pays, précédées de degrés extérieurs, coiffées de pignons qui rabattaient l’ombre devant elles, étaient assez obscures pour qu’il fallût dès que le jour commençait à tomber relever les rideaux dans les «salles»; des rues aux graves noms de saints (desquels plusieurs seigneurs de Combray): rue Saint-Hilaire, rue Saint-Jacques où était la maison de ma tante, rue Sainte-Hildegarde, où donnait la grille, et rue du Saint-Esprit sur laquelle s’ouvrait la petite porte latérale de son jardin; et ces rues de Combray existent dans une partie de ma mémoire si reculée, peinte de couleurs si différentes de celles qui maintenant revêtent pour moi le monde, qu’en vérité elles me paraissent toutes, et l’église qui les dominait sur la Place, plus irréelles encore que les projections de la lanterne magique; et qu’à certains moments, il me semble que pouvoir encore traverser la rue Saint-Hilaire, pouvoir louer une chambre rue de l’Oiseau–à la vieille hôtellerie de l’Oiseau flesché, des soupiraux de laquelle montait une odeur de cuisine que s’élève encore par moments en moi aussi intermittente et aussi chaude,–serait une entrée en contact avec l’Au-delà plus merveilleusement surnaturelle que de faire la connaissance de Golo et de causer avec Geneviève de Brabant. »

(M. Proust, Du Côté de chez Swann)

Instructions  :

- Dans Google map mettez l’adresse  : 10 rue Saint Hilaire 28120 ILLIERS-COMBRAY (vous êtes devant le portail de la Maison de la tante Léonie)
- cliquez sur l’image qui est en longueur à gauche (celle de l’alignement de façades de maisons)
- A partir la photo qui apparait en grand, baladez vous dans Illiers-Combray.

- (D)écrivez le bourg

~∞∞∞~

Illiers-Combray, 10 rue Saint-Hilaire (par Amélie Delaunay)

Nous sommes devant la maison de tante Léonie ; du côté du jardin, avec son portail vert foncé (sur la photo il paraît bleu foncé, mais j’ai le souvenir d’un portail vert foncé).

On peut aller à Paris par l’A11, mais aussi à Bonneval et à Châteaudun. Il y a aussi le syndicat d’initiative, plus proche, plus petit (si je me souviens, par ce chemin, on va aussi à l’église).

Essayons de trouver l’église (je ne me souviens plus trop de son architecture ; sur la plaine beauceronne, elle ne doit pas se découper sur l’horizon, mais si je me souviens, elle est dans une notice du Guide du Patrimoine, et pas seulement parce qu’elle est décrite par Proust, mais parce qu’elle a un intérêt architecturale).

Donc aller à

(j’emprunte à rebours le chemin que l’on avait emprunté lors de notre visite)

Nous longeons le mur du jardin de tante Léonie ; abîmé, ses flétrissures dessinent un camouflage militaire ; il semble écrasé par la haie végétale grasse et verdoyante ; on doit être en été. Par-dessus le mur on aperçoit l’orangerie aux boiseries bleues.

On

Sur le mur, des mots inscrits dans la pierre, dans une graphie que l’on pourrait qualifier d’ « ancienne » : « Défense d’afficher » (on écrivait de cette manière là jusqu’au début du XXe ? Ou un peu plus tard ?)

On ↑

Les murs de la maison sont en briques (je me souviens de notre visite en fin d’hiver, dans une lumière rose et dorée ; les feuillages cuivrés de la campagne trouvaient un écho dans les bourgs avec les murs des maisons ; pays beauceron tout rose et roux, parfois juste ponctué du vert du printemps naissant).

Puis aller à

Rue du docteur Proust. Les volets sont fermés, la maison n’est pas ouverte au public, ce qui est assez rare dans l’année ? Le ciel est triste, et toujours quelques maisons rousses, soit en briques, soit en pans de bois. Les trottoirs pourpres. C’est un peu désert ; il y a juste un agent municipal qui passe la balayeuse. Cela sent le lundi, en tout début d’après-midi ; petite torpeur d’un ciel lourd. Jaune du gilet, des marquages au sol ; sur une palissade en bois peinte en jaune, avec des silhouettes, un homme avec des béquilles, un homme avec un bâton, un homme, une femme enceinte, un homme avec un bébé dans le dos en randonnée, une femme en randonnée, une petite fille, un chien. Certainement aucun sens à tout cela. Le jardin derrière la palissade est un peu foutraque.

Le chemin pour se rendre sur la place de l’église se présente à notre gauche, mais notre promenade googlesque ne nous le permet pas ;

donc nous ↑, toujours dans la rue du docteur Proust. La rue n’est ni moche, ni belle ; quelques maisons aux rideaux baissés ; je jette un coup de curseur dans la rue de gauche (où on ne peut pas pénétrer !) et elle semble un peu plus « commerçante », quoique les enseignes semblent fermées elles aussi ; le reflet sur la vitre de l’agence bancaire montre une rue à droite peut-être commerçante également mais tout aussi endormie.

Enfin une petite dame passe ; « Euh, bonjour, C’est par où l’église ? »…

Et puis nous arrivons au niveau de l’église. Je tourne le curseur, et hop, un regard sur l’office du tourisme et hop on lève les yeux vers la tour de l’église. Elle est massive, avec des verrières gothiques. Et

et à droite c’est un grand parking. Est-ce moi ou Google street view me fait voir seulement ce qu’il y a de moins attirant à Illiers ? Mais les échos de la lumière rousse et rasante de la Beauce sont là et s’accrochent à la tour de l’église à la faveur d’une trouée dans le ciel gris, là, on le voit, quand on lève le curseur… les tilleuls mielleux peuplent les bordures du parking. Je vois un monsieur avec une baguette de pain… j’ai loupé le seul commerce ouvert à cette heure-ci et ce jour-là à Illiers-Combray.

J’hésite à

car la rue n’est pas très engageante ; je me retourne et là ! Les tilleuls sont nus, une partie du trottoir est défoncée, un engin de travaux est stationné et deux ouvriers triment. Des échafaudages habillent la tour de l’église. Je suis passée du mois de juin au mois de février. Et de la torpeur à une singulière activité niveau gros œuvre.

Alors je ↑

et je retrouve la lumière dorée de juin et ses tilleuls feuillus. Comment passer de l’hiver à l’été rapidement ? En utilisant Google street view et en faisant le plus possible d’aller-retours…

Je longe un côté du parking, mais arrivée au bout je ne peux pas tourner à droite ; je fais donc ∩ pour revenir au 10 rue Saint-Hilaire et parcourir un autre chemin… si je peux…

Pour résumer : à Illiers-Combray, j’ai vu deux saisons, cinq personnes (trois en été, deux en hiver), des travaux, pas pu aller à gauche ou à droite quand j’en avais envie, et enfin au printemps j’ai collé une repro d’un portrait de Proust sur le mur de la maison de tante Léonie. Mais même pas peur… je suis passée en hiver quand elle m’a engueulée depuis le bout de la rue.

One Comment

  1. Loran Bart wrote:

    Rues : étroites – trottoirs souvent rouge-brique à bordures jaunes – La ville est baignée d’une torpeur grisâtre – Façade : grises parfois à parements de briques ou de faux tuffeau, rehaussée des couleurs vives des boutiques, des panneaux de sens interdits, des plaques bleu foncé annonçant le nom des rues –Ah ! ici un bâtiment de briques sales rompt la monotonie du gris – En parcourant l’Avenue Marcel Proust, je note un Intermarché, un Amibo, un Bricomarché, un MMA – Sol : gris-goudron, marques de parking de stationnement limité des zones bleues – Ah ! là une maison ocre-jaune rompt la monotonie du gris – ciel bas, ciel gris – Toits de tuiles, toits d’ardoises – Pré Catelan : arbres nus, terre boueuse

    Lundi, février 20, 2012 at 20:42 | Permalink

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